Archive for février 2007|Monthly archive page

Alapage.com, dix ans après

Le Journal Du Net publie aujourd’hui un article original intitulé les grands sites Web français, 10 ans après. Outre les premières versions du Figaro, du CNRS ou encore de La Poste, on y voit notamment le libraire en ligne Alapage.

On apprend par exemple que le site s’auto-proclamait à l’époque la plus grande libraire virtuelle. La version archivée du 18 octobre 1997, nous en dit un peu plus:

Capture d’écran alapage.com 18 octobre 1997

Les quelques textes de présentation pourraient aujourd’hui faire sourire:

Vous accédez à des milliers et des milliers de livres d’une simple touche, mais en plus vous pénétrez dans l’univers du CD, au doigt et à la souris. Le service internet d’alapage vous offre toute l’information sur la production discographique française disponible.

Un service unique au monde avec saisie sécurisée !!!

En creusant davantage sur archive.org, il est toutefois très difficile de trouver des sites d’éditeurs datant de plus de 10 ans. Seul Masson semble s’y retrouver, avec une version de Noël 1996. Heureusement, ils ont fait du chemin depuis lors…

Quelqu’un pour trouver le plus vieux site de libraire?

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Le réseau, pour désencombrer les librairies

Pour ceux et celles qui l’auraient loupée, voir l’interview dans Le Monde de Benoît Yvert, directeur du Livre et de la lecture. Petit extrait:

L’édition, c’est aussi de la « lecture subie », courte, d’information. Celle-ci sera de plus en plus consultée sur le réseau et n’encombrera plus à terme les rayons des librairies et des bibliothèques. Le vrai défi concerne donc cette zone qui représente entre 30 % et 50 % de l’édition.

Dans certains secteurs, cette proportion pourrait bien se rapprocher des 100%. Je pense notamment aux revues de sciences humaines (ex.: cairn.info), aux manuels informatiques (ex.: safari.oreilly.com), ou encore à tout le marché de l’édition juridique (ex.: lamylinereflex.fr).

En poussant la réflexion un rien plus loin, j’y vois aussi le positionnement des blogs et de wikipedia en termes de sites de référence. On y vient…

Macmillan s’offre une video pour lancer un thriller

Une invitation de Richard Charkin sur son blog ce matin…

Before you do anything else today click here to hear about a thriller to be published by Pan Macmillan in August. Don’t forget to turn on the sound.

Si vous êtes amateurs de thrillers, la bande-annonce de celui-ci est en tous cas de bon augure. Essayez de rester patient, cela vaut la peine d’attendre les 20 premières secondes…

L’occasion en tous cas de rappeler que même dans le secteur du livre, la vidéo commence à être fort bien exploitée sur le web. En France, voir par exemple Gallimard et le site dédié à Partir de Tahar Ben Jelloun.

MàJ: en septembre dernier, le blog marketing 2.0 postait un billet intitulé La première BO d’un livre, à propos de l’ouvrage l’âge du peer.

D’autres exemples intéressants?

Fnac.com, deuxième magasin de l’enseigne

Avec ses 23% de croissance en 2006, le site est aujourd’hui le deuxième magasin de la Fnac. Son PDG Denis Olivennes annonçait hier sur BFM (podcast) que fnac.com passera même en première place l’année prochaine.

Fnac

Sa décision récente de supprimer la remise automatique des 5% sur les livres sauf pour les commandes en ligne, n’y est sans doute pas pour rien. Tout en faisant un petit coup de pub pour ses espaces culturels, Michel Edouard Leclerc est en tous cas assez critique sur ce revirement:

En supprimant l’automaticité du rabais sur les livres, la Fnac rentre dans le rang. Fini l’agitateur ! La Fnac passe du camp des militants de la culture (démocratisation de l’accès à la culture pour tous) aux lois du marketing nourries de préoccupations financières.

A propos de préoccupations financières, on peut croire qu’une partie des acheteurs en magasin se tournera vers le site pour ces quelques %. Quand on ajoute les problèmes de parking, la foule du samedi après-midi et les risques d’indisponibilité des ouvrages, quelques euros peuvent faire la différence…

Des auteurs entre obscurité et piratage

Ma fonction en maison d’édition m’amène parfois à être en contact avec des auteurs. Certains d’entre eux s’interrogent ainsi avec inquiétude sur la sécurité de Google Livres. D’autres encore doutent de la pertinence d’offrir chapitre complet en PDF sur nos sites. Je pense alors à Chris Anderson :

My publishers want to make money, and I like them so I usually do what it takes to keep them happy, but in truth I just want to be read/listened to by the largest number of people.

Il rejoint sur ce point Tim O’Reilly qui estime depuis 2002 que l’obscurité est pour un auteur une menace bien plus grande que le piratage.

Vous direz qu’il est facile de partager le point de vue de ces deux incontournables visionnaires.

Certes.

Il est toutefois tout aussi facile de trouver un exemple où le risque de voir son contenu piraté prend définitivement le relais sur l’obscurité. C’est notamment le cas de Harry Potter, pour lequel J. K. Rowling refuse la sortie du tome 7 sur e-book, de peur de piratage. (JDN)

Scott Pack a d’ailleurs un billet assez caustique sur le sujet: 10 reasons why booksellers hate Harry Potter.

Quelques réactions d’auteurs?

Préférez-vous l’obscurité (voire la mise sous cellophane), ou la visibilité (voire un contenu accessible dans son intégralité sous licence Creative Commons) ?

5 pourcent pour favoriser les ventes en ligne

5 pourcentFin janvier, la Fnac a décidé de supprimer la remise de 5% sur les livres afin de la réserver à ses adhérents …ou à ses clients internet. Florence Puybareau se demande ainsi dans La Tribune s’il ne s’agit pas d’une stratégie pour favoriser les ventes en ligne.

Dans le contexte actuel d’attaques du syndicat de la librairie à l’encontre d’Amazon, la démarche reste en effet assez surprenante. D’autant plus qu’elle tombe exactement 25 ans après la loi Lang qui, selon Henri Causse des éditions de Minuit, n’a évidemment pas anticipé les effets de la mondialisation, du développement d’Internet, voire du recul de la place de l’écrit et de la lecture dans le monde d’aujourd’hui (abonnes.lemonde.fr).

MàJ : Livres Hebdo évoquait encore fnac.com ce 6 février, pour une meilleure mise en contexte de ce que représente réellement la filiale de vente en ligne:

Numéro deux du marché pour les ventes de livres sur Internet, Fnac.com représenterait 7,5 % du chiffre d’affaires livres de la Fnac, si l’on en croit les récents propos de Franck Leprou, directeur général, à notre confrère Le Monde. Ce qui situerait le montant des ventes non loin de 40 millions d’euros

D’autres chiffres sur fnac.com?