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Wikipedia, 6e recherche sur Google en 2006

Top 6 Google Zeitgeist 2006Google vient de sortir son Zeitgest pour toute l’année 2006, où « wikipedia » est à nouveau dans le top 10 en occupant la sixième place (il était quatrième en 2005).

La répartition par pays n’est pas encore disponible sur les 12 derniers mois mais les résultats de novembre sont tout aussi explicites, voire même davantage:

  • 2e en Inde, en Allemagne et en Irlande
  • 3e au Canada, à Singapour et en Australie
  • 4e en Suède
  • 7e en Nouvelle-Zélande
  • 8e en Malaisie et au Mexique

Source: http://www.google.com/intl/en/press/intl-zeitgeist.html

Qu’en pensent les éditeurs d’encyclopédies, dictionnaires thématiques et autres ouvrages de référence?

Pour rappel…
Zeitgeist est une expression allemande qui signifie littéralement l’esprit (Geist) du temps (Zeit) ». Google a subtilement récupéré le terme pour en faire la marque de son top 10 des recherches. On retrouve ici la notion de database of intentions évoquée par John Battelle dans The Search.

Fred Lambin, retour d’expérience sur un projet abouti d’autoédition

Fred LambinDans mon billet précédent, je présentais l’initiative d’autoédition de Fred Lambin, qui vient de publier un recueil d’aphorismes illustré. Je l’ai rencontré ce weekend afin qu’il partage avec nous son intéressante expérience.

Interview d’un jeune auteur persévérant…

Comment te présenter dans une perspective livre et internet ?

Pour la plupart des auteurs (y compris moi), « faire » des livres n’est pas un métier, c’est une passion. C’est une façon d’exprimer sa créativité, de dire ce que l’on a à dire. Multiplicité de l’offre oblige, on fait rarement des gros sous avec l’édition. En revanche, c’est passionnant, cela génère de belles rencontres, cela donne du crédit à ce que l’on fait par ailleurs.

Sur la toile, j’ai 3 sites, un perso (aspropos.be), le site de mon premier livre (gueulesdamour.be) et le site minederien.be qui finalement est ma plus grande vitrine pour le livre… une vitrine regardable de chaque maison.

Pourquoi l’autoédition après une première réussite chez Racine ?

Ce n’est pas un choix prémédité, c’est même une décision impulsive. Je suis un jusqu’au-boutiste. 42 illustrateurs, un graphiste et un préfacier m’ont donné de leur temps. C’était trop bête de laisser tout cela au placard parce que les 1.500 préventes requises par la maison d’édition n’ont pas été trouvées. C’est à regret que mon contact chez Racine m’a dit que les impératifs du marché étant ce qu’ils sont, il était tenu de respecter les instructions : pas de préventes, pas d’édition. Alors il y a quelques semaines, je me suis dit : « je me lance, je préfère les regrets si ça ne marche pas que les remords de n’avoir rien fait ».

Comment s’improvise-t-on diffuseur et quel type d’accueil as-tu reçu de la part des libraires ?

En décrochant son téléphone. Et les libraires réagissent positivement. Je me présente comme l’auteur de Gueules d’amour. J’ai la chance que le caractère tendre et humain de ce livre ait eu un certain retentissement, surtout à Bruxelles. Cela me donne un beau crédit. Et je n’ai pas eu de mal à obtenir des dépôts-vente. Ce qui est plus difficile, c’est d’être placé sur le comptoir, là où tous les clients passent et donc là où tout le monde veut être.

J’ai aussi contacté l’un ou l’autre grand groupe de librairies. Après analyse du dossier, il m’a été répondu qu’ « on ne travaillait qu’avec les diffuseurs habituels. » Pour eux, c’est du travail en plus car on sort du circuit.

Comment fais-tu la promotion de Mine de Rien tout en travaillant à temps plein ?

Il reste les midis, les soirs et les week-ends. Mais j’avoue que je ne fais pas le tiers du quart de ce que je voudrais. On me donne plein de bonnes idées. Tout est faisable et tout serait à faire. Le souci c’est le temps. Entre l’approvisionnement des librairies, la gestion des envois des achats par le net, les e-mails de contacts et de diffusion, cela laisse peu de temps pour la prospection.

Exemple: telle entreprise pourrait être intéressée. Ok. Je cherche le numéro sur le net, je trouve un moment pour appeler, je me balade de services en services (en expliquant le projet) pour trouver le nom du bon interlocuteur, je rappelle jusqu’à ce que je l’aie finalement en ligne, je lui explique le projet cette fois en plus long et en plus large. Il demande du temps pour analyser et en parler à ses supérieurs, je finis par le rappeler quelques jours plus tard car pas de nouvelles. En temps cumulé, on en est jusqu’ici à facilement 1 h, et je ne suis pas sûr d’avoir vendu quoi que ce soit. Pourtant, dire « tu pourrais appeler telle entreprise » ne prend que 2,47 secondes!

Présenter un quart du livre en ligne, n’est-ce pas un peu risqué pour un recueil d’aphorismes illustrés?

8 sujets sur 76, ça fait plus exactement 10,5 %. Il faut donner envier. Montrer que les phrases sont tantôt poétiques, tantôt cyniques, drôles ou encore coquines. Raison pour laquelle j’ai opté pour un petit panel représentatif.

Et puis quoi qu’il en soit, voir n’est pas avoir. Celui qui est séduit par la formule aura envie de posséder ou offrir l’objet. Le charme du papier…

Même si mon écriture se veut raffinée, je sais que certains exemplaires se retrouveront au petit coin. C’est très bien ainsi. Mais vous en connaissez beaucoup qui lisent aux toilettes à l’écran?

Quels sont les premiers résultats après ces quelques semaines ?

Encourageants mais pas triomphateurs. Le vernissage était une réussite mais on espère toujours la venue de plus de monde. Je pensais aussi que l’implication des 42 crayons dans le livre aurait généré plus de vente dans leur entourage. Je rêvais de faire le tout gros des ventes en cette période d’avant-Noël. Je vends, mais en deçà de mes projections. J’ai peut-être lancé la machine un rien trop tard. Mais finalement, le livre est intemporel et survivra aux fêtes et à cette période de sur-stimulation. Je pense qu’en poursuivant tranquillement mes démarches, le livre peut avoir une belle et longue vie. Dans une soirée d’anniversaire ce samedi, j’ai eu l’occasion de montrer le livre à 6 ou 7 personnes. J’en ai vendu 3. C’est un signal très positif : le livre convainc pratiquement 50 % de ceux qui y consacrent un moment d’attention.

Un dernier conseil pour ceux qui voudraient tenter l’aventure ?

Faire des prévisions objectives et les revoir à la baisse. Notamment en volume d’impression. Le coût par livre est plus intéressant pour un grand tirage mais mieux vaut devoir réimprimer que rester avec des caisses et des caisses de livres. Un livre est un moment de loisir que vous proposez. Mais il y a des dizaines de milliers de sorties en libraires chaque année. Et il y a tant d’autres loisirs : la télé, le cinéma, le théâtre, le net, le sport, les jeux vidéos,… Il ne faut pas penser que tout le monde va croire autant que vous en votre idée. En revanche, quand vous voyez des gens qui découvrent votre ouvrage et s’émerveillent, c’est le plus beau des « retours sur investissement ».

La chaîne du livre court-circuitée

Couverture Mine de RienCe sont en tous cas les mots de Jean-Marc Hardy qui relaie sur son blog (fort intéressant par ailleurs) une nouvelle initiative d’auto-édition.

Le site dédié présente ainsi Mine de rien, le livre du copywriter Fred Lambin et ses 40 « crayons » associés. Pour 10 euros, ou un tarif dégressif à partir de 4 exemplaires (le site est belge et donc non soumis à la loi Lang), l’ouvrage sera livré à domicile dans les 48 heures. Noter toutefois qu’il est également disponible en librairie, du moins à Bruxelles et en Wallonie.

Loin du mastodonte lulu.com que j’ai évoqué ici cet été, on découvre aujourd’hui encore un titre en auto-édition boosté par le réseau de son auteur…

De quoi remettre en cause les modèles classiques de l’édition?

màj: j’ai interviewé Fred Lambin sur son initiative, voir ce post

Exemples de liens sponsorisés pour l’édition

Logo Google AdWordsPuisqu’Internet devrait peser 10% du marché publicitaire en 2007, il semble temps de s’intéresser aux mouvements du monde de l’édition en ce sens. A commencer par les liens sponsorisés…

Facile à mettre en œuvre, ce référencement payant offrent souvent de bonnes retombées en termes de ventes en ligne. Pour un éditeur sans module e-commerce, il peut également renforcer la notoriété de sa marque ou de ses collections. Quelques exemples…

France

Une recherche google.fr sur « livre » et un terme quelconque aboutit de plus en plus souvent à l’affichage d’AdWords. Ils émanent la plupart du temps de:

  • libraires en ligne comme Amazon, Fnac (surtout pour le droit), Cultura et Ellipse
  • libraires en ligne (occasion) comme Chapitre et Ebay
  • plateformes de cours comme maxicours.com
  • …et de très rares éditeurs (Dunod, Manuscrit et certains éditeurs spécialisés dans les titres en grands caractères)

Canada

Les résultats sont sensiblement les mêmes sur google.ca, avec toutefois une présence plus marquée de Québec Loisirs.

Royaume-Uni

Même remarque sur google.co.uk, à l’exception de l’éditeur Blackwell qui semble particulièrement actif avec des AdWords pour presque toute recherche autour de textbook. Leurs annonces sont également très parlantes:

Blackwell Online
Over 700,000 books in stock now.
Free UK Postage on orders over £20
http://www.blackwell.co.uk


Need a Science book?
Check out thousands of Science
titles at Blackwell Online!
http://www.blackwell.co.uk

Si quelqu’un tombe sur des AdWords intéressants en France ou ailleurs, faites-moi signe. L’appel est également lancé pour les liens sponsorisés de Yahoo et MSN.

Qui trouvera le plus original?

màj :  voir ma réponse à Nicolas sur les prix des mots-clés liés à l’édition (livre, roman, recueil de nouvelles, etc.)

Offrir l’électronique pour vendre le papier

Joe Wickert est éditeur chez Wiley. J’ai découvert son blog cette semaine: A Book Publisher’s Future Visions of Print, Online, Video and All Media Formats Not Yet Invented.

Il y commentait récemment un article de Cory Doctorow sur les retombées du texte intégral distribué gratuitement sur le web. L’occasion de rappeler quelques titres disponibles également en version papier, en espérant susciter des initiatives similaires auprès d’éditeurs français encore (très) frileux…

La révolte du pronétariat

En juin 2006, six mois environ après sa publication, le livre « la révolte du pronétariat, des mass media aux media des masses » a été mis en ligne sous licence « Creative Commons » avec l’autorisation de Fayard.

Tookassé.com

Aujourd’hui épuisé, le roman tookassé.com est toujours disponible gratuitement en PDF sur le site dédié. Son éditeur, éditions Télémaque, revendique à ce jour 43 000 exemplaires téléchargés…

Got it alone

Harper Collins a autorisé un ses des auteurs à offrir gratuitement tout son livre en ligne (financé par des AdWords sur chacune des pages)

In a first-of-its-kind initiative, HarperCollins Publishers has made the full content of Go It Alone! available free for readers at this Web site. You can access the life-changing ideas in this book, at no cost, by clicking here.

…alors que la version papier est encore en vente sur le site de l’éditeur.

Accelerando

Un (cyber)ouvrage d’anticipation particulièrement original, disponible tant en PDF qu’en de nombreux autres formats, jusqu’au ASCII…

Pensez-vous que les ventes en auraient baissé pour autant?
La notoriété et le bouche à oreille ne prenent-ils ici pas le dessus?

Il y a toujours un Pocket.fr à découvrir

Page d’accueil pocket.fr au 2 décembre 2006Guidé par la pub en dernière page du thriller que je viens de terminer, je découvre aujourd’hui le site pocket.fr. Encore un bon exemple de design, avec une ambiance agréablement colorée sans toutefois perdre en cohérence.

Pratique…

  • une navigation principale en Flash, très intuitive
  • de nombreux premiers chapitres à télécharger en PDF
  • le top des lecteurs dans la rubrique « l’esprit Pocket »

Original…

  • le moteur de recherche: chez Pocket on ne cherche pas, on choisit
  • les liens vers aligastore.com (qui permet de réserver en ligne pour un retrait en magasin) à côté des incontournables Fnac/Amazon/Alapage
  • les quelques lignes d’introduction en haut de pages, dont notamment celles pour la collection policière: Un lieu, un crime, un cadavre… A partir de ces trois éléments, l’imagination de nos auteurs vous entraîne à l’infini dans la noirceur la plus extrême

Dommage toutefois que les couvertures ne soient pas cliquables: le site y aurait gagné en ergonomie. Dommage aussi que la rubrique « vos envies » ne soit déclinée que sur deux thèmes: l’idée de sélections alternatives était pourtant prometteuse.