Autoédition et Print On Demand

luluLulu

A l’image de Lulu dont la version française a été lancée fin juin de cette année, les sites dédiés à l’auto-publication commencent à trouver leurs auteurs. Ils pourraient même à terme concurrencer certaines maisons d’édition.

Lulu.com fonctionne à la fois comme une place de marché et comme un service d’autoédition, où tout le monde peut envoyer ses fichiers, des textes principalement, et recevoir ensuite un livre, à la quantité souhaitée, fabriqué par la société.

Voir ici un billet en français concernent un test du service.

Parmi les principaux facteurs qui ont apparemment déclenché cet engouement, on peut citer:

  • percée du large bande et meilleur équipement “internet” des foyers
  • simplicité des plates-formes de blogs comme outils de pré-publication
  • réduction des coûts d’impression à domicile
  • avancée des technologies d’impression numérique
  • notoriété des agrégateurs tels Amazon et Fnac.com
  • reversements de 80% de droits d’auteurs

Cette démocratisation des outils de publication (et donc la suppression des principales barrières à l’entrée) aura probablement pour conséquence une augmentation de la masse des livres publiés, mais aussi une diminution moyenne de la qualité de ceux-ci.

Le point de vue du libraire

Selon, Scott Pack, ancien acheteur en chef chez Waterstones (UK) interviewé ici, les 2 principaux avantages de cette percée de l’auto-publication sont les suivants:

  1. Comme les agents et éditeurs deviennent de plus en plus “inattaquables”, c’est une excellente occasion de découvrir de nouveaux auteurs.
  2. Les technologies de POD pourraient signifier qu’un livre ne sera plus jamais épuisé, notion qui disparaîtra du vocabulaire éditeur

…mais les points négatifs lui semblent prendre davantage d’importance:

  1. Dans l’immense majorité, ces “nouveaux” ouvrages seront de mauvaise qualité puisqu’il s’agit de textes refusés par des maisons d’édition classiques. Le filtre ou contrôle qualité est ainsi supprimé.
  2. Si les livres ne sont jamais plus épuisés, les éditeurs pourront alors garder leurs droits indéfiniment. (Dès qu’un livre est épuisé pour une longue période, un auteur peut réclamer ses droits et en être à nouveau propriétaire à 100% pour en faire ce qu’il veut, y compris aller chez un autre éditeur.)

Scott Pack termine par dire qu’il apprécierait personnellement que chacun puisse commander tout livre qui aurait été édité à un moment donné, et le recevoir via POD. Par contre, il doute que les bouquinistes soient du même avis… (Noter que ceux-ci sont tout de même en train de prendre leur revanche face aux éditeurs grâce au programme d’Amazon pour vendre leurs stocks via le libraire en ligne – exemple).

Point de vue d’un auteur

Même si le lectorat visé est clairement orienté web, on peut tout de même s’inquiéter des propos d’Olivier Andrieu, spécialiste du référencement en France et futur auteur:

Je vais réaliser un livre en septembre sur l’optimisation des pages Web, car il y a une demande extrêmement forte sur ce sujet. Je compte le vendre en ligne au format PDF. Ensuite, je ferai peut-être une remise à jour six mois plus tard, que je publierai en format papier.

Quid si finalement il décidait de ne pas éditer de version papier?

Nouvelles opportunités pour anciens éditeurs

Si l’auto-édition peut à terme se révéler dangereuse, plusieurs opportunités s’ouvrent tout de même aux éditeurs:

  • republier en électronique les ouvrages épuisés
  • personnaliser le contenu (par exemple en insérant de la publicité comme Free Load Press – article ici, et encore )
  • toucher plus facilement le marché des livres en grands caractères et profiter ainsi de la cible des internautes « séniors » qui bénéficie de la plus importante croissance en 2006
  • développer des “sous-marques” ou filiales, qui permettraient de publier plus d’articles (en réduisant probablement la qualité) mais uniquement en version électronique ou POD, tout en bénéficiant de l’expérience de l’édition professionnelle
  • réduire considérablement leurs coûts de stockage puisqu’à terme, et en fonction des améliorations des coûts et de la technologie POD les ouvrages ne devront plus être stockés « physiquement » mais simplement « électroniquement »
  • publier en “morceaux” les ouvrages actifs qui seraient a priori trop vastes ou trop volumineux pour leur cible (ex.: Themis, Pearson Australia, Kluwer, Houghton Miflin, etc.), que ce soit en PDF ou via un partenaire de POD

…ce qui rejoint l’extrait de cet article du Washington Post sur le caractère controversé du projet Google Library:

Everyone involved agrees that search helps people discover books they want. Everyone also agrees that in an ideal world, once those books are found, there’d be a quick way for the finders to pay to access the actual text — all of it or just part of it, whatever they need.

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