Offrir l’électronique pour vendre le papier
Joe Wickert est éditeur chez Wiley. J’ai découvert son blog cette semaine: A Book Publisher’s Future Visions of Print, Online, Video and All Media Formats Not Yet Invented.
Il y commentait récemment un article de Cory Doctorow sur les retombées du texte intégral distribué gratuitement sur le web. L’occasion de rappeler quelques titres disponibles également en version papier, en espérant susciter des initiatives similaires auprès d’éditeurs français encore (très) frileux…
La révolte du pronétariat
En juin 2006, six mois environ après sa publication, le livre « la révolte du pronétariat, des mass media aux media des masses » a été mis en ligne sous licence « Creative Commons » avec l’autorisation de Fayard.
Tookassé.com
Aujourd’hui épuisé, le roman tookassé.com est toujours disponible gratuitement en PDF sur le site dédié. Son éditeur, éditions Télémaque, revendique à ce jour 43 000 exemplaires téléchargés…
Got it alone
Harper Collins a autorisé un ses des auteurs à offrir gratuitement tout son livre en ligne (financé par des AdWords sur chacune des pages)
In a first-of-its-kind initiative, HarperCollins Publishers has made the full content of Go It Alone! available free for readers at this Web site. You can access the life-changing ideas in this book, at no cost, by clicking here.
…alors que la version papier est encore en vente sur le site de l’éditeur.
Accelerando
Un (cyber)ouvrage d’anticipation particulièrement original, disponible tant en PDF qu’en de nombreux autres formats, jusqu’au ASCII…
Pensez-vous que les ventes en auraient baissé pour autant?
La notoriété et le bouche à oreille ne prenent-ils ici pas le dessus?
4 commentaires jusqu'à maintenant
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C’est aussi le cas de Du bon usage de la piraterie, épuisé -et en cours de réédition en poche- toujours disponible en ligne sous licence CC, en PDF, HTML et même en version audio.
http://www.freescape.eu.org/piraterie
http://www.freescape.eu.org/piraterie/remix.html
Anne Carrière offre trois livres de Paulo Coelho à télécharger :
La cinquième montagne
La manuel du guerrier de la lumière
Veronika décide de mourir
http://perso.orange.fr/annecarriere/coelho2003/01pages/telechar.html
Par ailleurs Alexandrie Online offre dix sept romans à télécharger gratuitement plus des nouvelles, des contes…
http://www.alexandrie.org/freebooks.php
Il n’est pas nécessaire d’être adhérent du site pour télécharger. Un exemplaire papier peut être obtenu d’une trentaine de textes en impression à la demande (lulu, ILV, traffort…)
Voici la conclusion d’un article paru dans le nouveau Magazine du Livre intitulé “Pourquoi deux millions d’écrivains… et vous “:
Osons poser dès lors la question : tout cela n’est-il pas l’aveu d’un secteur d’activité à bout de souffle [l'édition] ? Plutôt que de considérer Internet comme un radio crochet, l’avenir n’est-il pas au déplacement du centre de gravité (des lecteurs comme des éditeurs) sur ce nouveau support ? En s’imposant enfin, le livre électronique ne révolutionnera-t-il pas le mode de consommation et de promotion du livre et, ce faisant, de sélection des textes publiés et de recrutement des auteurs, comme cela s’amorce depuis déjà des années dans l’industrie du disque où on ne compte plus les succès d’artistes ayant émergé grâce à leur présence online, et dont la diffusion payante passe en grande partie par ce support : Arcade Fire, Artic M!!onkey!!s, Clap your hand and say Yeah !, Lily Allen, etc. ? Les Gallimard et Flammarion de demain ne s’appelleraient-ils pas Google, MSN ou lulu.com… ?
Je suis arrivé aux mêmes conclusions après avoir lu “l’âge du peer”. En quelques sortes, les arts vivent mieux quand il y a une relation directe entre créateur et utilisateur, sachant que :
1/ On peut être mécène
2/ on remixe la création de plus en plus
3/ on augmente le temps émotionnel
4/ On construit la relation client sur une base de la confiance réciproque et de l’estime réciproque.
Enfin, on gaspille moins de papier et on augmente la marge bénéficiaire pour l’auteur ou le compositeur. Une chanteur gagne plus avec ses concerts qu’avec la vente de son CD. Bref, une nouvelle forme de marketing.